Chères lectrices et chers lecteurs
Voici un texte écrit par Maria Prisco (qui n’est pas Bélaycoise) . À sa lecture j’étais émue tant il me renvoyait à mon enfance, mais aussi à mon adolescence et une partie de ma vie d’adulte. Bien sûr, un temps éloigné en ce qui me concerne, à présent je suis une vieille dame et grand-mère. Pourtant, ce temps me semble tellement proche sur une durée de vie. La magnifique photo qui accompagne ce texte, dans sa couleur sépia, caresse nos yeux et chuchote à nos oreilles cette histoire que nous avons pour la plus part peut être connue. Nostalgie? Oui, cela m’arrive souvent. Mais je vous laisse découvrir ce très beau témoignage et sa photo.

Si vous le souhaitez vous pouvez vous aussi vous exprimer sur ce blog, échanger, faire part de vos réflexions. Bonne lecture à vous et à bientôt.
Je suis allé chez ma grand-mère et je lui ai demandé de recoudre un bouton de ma chemise.
Elle m’a regardé avec tendresse et m’a dit doucement :
“Mon petit, viens ici. Il faut apprendre à tout faire. Que feras-tu quand je ne serai plus là ? Tu vas jeter les choses parce que tu ne sais pas les réparer ?
Tout s’arrange, souviens-toi toujours de ça.”
Je l’ai observée, fascinée par son habileté, avec ses petits doigts ridés et sa boîte à couture en bois, celle qu’elle possède depuis ma naissance. Cette boîte est remplie d’aiguilles, de fils et de petits trésors pour “prendre soin”. Ce moment m’a profondément touché, car elle vient d’une génération qui ne jette pas, mais qui répare.
C’est une génération qui recoud les trous dans les chaussettes plutôt que de les remplacer. Une génération qui change les élastiques des sous-vêtements et transforme les restes de draps en chemisiers ou vêtements frais pour les plus jeunes. Rien n’était gaspillé, rien n’était perdu.
En la regardant, j’ai pensé à sa foi, qu’elle n’a jamais abandonnée, même après la mort de mon grand-père. Elle porte encore son alliance au cou, comme un précieux souvenir. J’ai pensé à toutes ces fois où elle a “réparé” au lieu de jeter. À toutes les fois où elle a raccommodé et recousu, tout au long de cinquante ans de mariage.
Elle a raison, avec ses mains fatiguées et ses valeurs solides. Sa génération, qui donne de la valeur aux choses et aux gens, a raison.
Alors, allons chez nos grands-mères. Apprenons à recoudre les relations, à réparer les cœurs brisés et à broder la valeur de la vie.
“Tout s’arrange.”
N’oublions jamais cela.
— Maria Prisco
MICOU


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