Hilary et Peter habitent le hameau de Latour depuis 2005.
Quand Hilary ne s’occupe pas des roses de son jardin, elle écrit un livre : Following the Letters
Ce livre écrit en anglais et publié en 2020 est le résultat d’une enquête de terrain dont elle nous livre la genèse :
« Lorsque nous avons acheté le Moulin de Latour, il était délabré, à peine habitable. La toiture avait besoin d’être réparée, les caves et les greniers étaient encombrés de détritus. Il y avait des centaines de bouteilles de vin en verre soufflé à la main, recouvertes de la poussière de décennies. D’anciens instruments agricoles, pioches, scies et houes, s’empilaient dans les coins. Dans le grenier au-dessus de l’unique pièce à vivre, gisait le désordre de toute une vie. Douze paires de chaussures. Des piles de vêtements de femme, robes, chemises de nuit, salopettes. Matelas, oreillers, journaux, cahiers d’écolier.
Et, cachées dans tous ces espaces, se trouvaient des lettres, certaines enveloppées dans des liasses, poussiéreuses, déchirées, mais rangées peut-être pour être mises en sécurité; environ 120 lettres, la plus ancienne écrite en 1912, la plus récente en 1960 — un demi-siècle embrassant les deux guerres mondiales.
Pourquoi m’ont-elles intriguée ? Pourquoi ai-je passé trois ans à essayer de comprendre les histoires, les vies, les personnages et les lieux ?
Eh bien, je suis chercheur de profession. Principalement dans les domaines du développement social et économique, et de l’environnement. Mais avant tout, chercheur. Alors, quand ces lettres me sont tombées entre les mains, j’ai eu envie d’explorer leur signification, de connaître les personnes concernées et finalement de raconter leur histoire.
La plupart étaient manuscrites, certaines étaient des lettres commerciales, des déclarations d’assurance ou des déclarations de revenus. J’ai réalisé que j’avais en main une sorte de récit de 50 ans; un récit unilatéral, assurément, car les lettres sont principalement celles reçues par la famille Ouillères, et seulement quelques-unes écrites par eux. Elles sont principalement adressées à deux générations de la famille Ouillères, Faustin puis Léopold, et proviennent principalement de membres de la famille de Folmont. Certaines lettres sont de nature contractuelle et commerciale; d’autres plus personnelles. Elles semblent refléter de brèves périodes au cours desquelles un événement important, intéressant ou bouleversant se produisait, mais au niveau familial.
Mais qui étaient les Ouillières ? Les de Folmont ? Quel était leur lien avec Latour ? Les lettres étaient pour la plupart adressées à un endroit appelé Laromiguière.
J’avais clairement du travail à faire.
Je les ai donc toutes traduites, classées chronologiquement, et un modèle est apparu :
- d’une lettre qui semblait faire référence à la déclaration de Munich et à l’espoir que la guerre serait évitée;
- à la mort du fils aîné de la famille Ouillières en 1944 lors d’une des dernières batailles de la Seconde Guerre mondiale, à la Pointe de Graves. »
Désireuse de voir son livre publié en français, Hilary a entrepris de le traduire elle même. Je lui ai proposé d’utiliser le site « vue de 1958 » pour nous présenter cette traduction afin que nous puissions l’apprécier.
Elle a accepté avec simplicité et gentillesse. Elle m’a dit être désireuse de lire tout commentaire sur son livre et notamment sur la qualité du français.
Cette présentation de la traduction se fera chapitre après chapitre, afin qu’elle soit agréable et facile d’accès. Elle sera l’objet d’un article intitulé « Following the letters » rédigé par Hilary; ainsi les commentaires suivant l’article pourront être le lieu de discussions directes avec Hilary.


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